Les économies française et allemande face aux défis de 2026
La France et l'Allemagne constituent les deux piliers économiques de l'Union européenne. Si l'Allemagne s'appuie sur un modèle industriel fortement orienté vers l'exportation et la France sur une économie plus diversifiée, leurs trajectoires diffèrent mais leurs défis restent proches. Cette analyse revient sur leurs performances économiques récentes et les enjeux communs auxquels elles devront faire face en 2026.
2. Secteurs clés et modèles économiques : forces et faiblesses
3. Défis communs : un horizon économique incertain
4. Vers une coopération renforcée ?

Mesuré en pourcentage du PIB à prix courants, qui avait augmenté de 3,3 %, l'Allemagne a enregistré un taux de déficit de 2,4 % en 2025. Ce taux est donc inférieur à celui de l'année précédente (2,7 %) et reste en dessous de la valeur de référence de 3 % fixée par le Pacte européen de stabilité et de croissance.
L'Allemagne a été frappée par une conjoncture internationale difficile, marquée par une diminution de la demande pour ses exportations, notamment dans l'industrie automobile et les machines-outils.
La crise de l'énergie, provoquée par la hausse des prix du gaz et de l'électricité, a affaibli la compétitivité des industries lourdes, tandis que le ralentissement de l'économie chinoise a pesé sur les exportations allemandes. Malgré ces difficultés, l'Allemagne reste la première économie de l'Union européenne avec un PIB d'environ 4 469,9 milliards d'euros en 2025.
L'économie française a mieux résisté que prévu en 2025. Malgré l'instabilité politique, les incertitudes liées au budget et les tensions internationales, la croissance du pays a atteint 0,9 % l'an dernier (+1,1 % en 2024), selon la d'première estimation publiée par l'Insee.
Ce résultat correspond aux prévisions de l'Institut de la statistique, tout en dépassant légèrement les attentes du gouvernement. Le PIB français, quant à lui, s'élève à environ 2 919,9 milliards d'euros en 2025, faisant de la France la deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne.
L'économie allemande repose fortement sur son industrie manufacturière, qui représente environ 20 % du PIB. Ce modèle lui a permis de dominer les exportations européennes, mais le pays souffre aujourd'hui de plusieurs fragilités :
Une forte dépendance à la Chine et aux États-Unis pour ses exportations.
Un vieillissement de sa population qui pèse sur son marché du travail.
Une transition énergétique complexe, marquée par la sortie du nucléaire et une dépendance à des énergies coûteuses.
La France, de son côté, bénéficie d'une économie plus diversifiée, avec une place importante accordée aux services (79,1 % du PIB). L'industrie est moins prépondérante (18,8 % du PIB), mais le pays excelle dans l'aéronautique, le luxe, l'agroalimentaire et le secteur financier.
La France bénéficie aussi d'un mix énergétique plus stable, grâce à son parc nucléaire, ce qui limite son exposition aux fluctuations des prix de l'énergie.

Malgré leurs différences, la France et l'Allemagne font face à des défis économiques similaires qui mettent en péril leur croissance future.
Démographie et emploi
Les deux pays sont confrontés au vieillissement de leur population et à une pénurie de main-d'œuvre qualifiée :
Avec un taux de natalité de 1,35 enfant en Allemagne et une immigration en hausse, notre voisin tente de répondre à cette crise en facilitant l'intégration des travailleurs étrangers.
Plus jeune, la France affiche un taux de natalité de 1,56 enfant par femme, mais doit moderniser son système de formation et d’emploi.
Transition énergétique
L'Union européenne impose une réduction des émissions de CO2 et une accélération des investissements dans les énergies renouvelables :
L'Allemagne, ayant abandonné le nucléaire, a misé sur le gaz et le charbon, ce qui pose des problèmes de coûts et de dépendance.
La France, en revanche, veut prolonger ses centrales nucléaires et investir dans l'hydrogène vert.
Investissements et compétitivité
Face à la Chine et aux États-Unis, les deux pays doivent renforcer leur compétitivité industrielle et technologique :
L'Allemagne cherche à moderniser son infrastructure digitale et son système ferroviaire.
Tandis que la France a annoncé des plans d'investissement dans les nouvelles technologies (IA, batteries électriques, semi-conducteurs).
Crises politiques et incertitudes
Les deux pays sont en proie à une instabilité politique. En Allemagne, la coalition au pouvoir peine à trouver un consensus sur les réformes économiques. En France, l'absence de majorité claire depuis 2024 ralentit les initiatives réformistes.

Malgré ces défis, la France et l'Allemagne ont tout intérêt à coopérer pour renforcer l'Union européenne. Parmi les axes de collaboration prioritaires figurent :
La mise en place d'une politique industrielle commune pour rivaliser avec la Chine et les États-Unis.
Un renforcement du marché unique et une harmonisation fiscale pour favoriser la compétitivité des entreprises européennes.
Le développement de projets d'infrastructure transfrontaliers, notamment dans le ferroviaire et l'énergie.
Malgré les difficultés économiques qu'elles rencontrent, la France et l'Allemagne devront miser sur leur coopération pour orienter l'avenir économique de l’Europe.
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Olivier Geslin

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