Allemagne : bientôt plus de 50 % de cotisations sociales sur les salaires ?
Une augmentation de salaire de 3 % en Allemagne ne signifie pas 3 % de pouvoir d’achat supplémentaire. Entre cotisations et impôts, la différence entre Bruttogehalt et Nettogehalt est importante. D’autant que les cotisations sociales cumulées pourraient dépasser 50 % du salaire brut autour de 2035.
2. Plus de 50 % de cotisations ne signifie pas perdre la moitié de son salaire
3. Retraite, santé, chômage, dépendance : que finance réellement le salarié allemand ?
4. Une augmentation de 1 000 € brut coûte combien à l'employeur et rapporte combien au salarié ?
5. Pourquoi les cotisations sociales risquent-elles d'augmenter en Allemagne ?
6. Cotisations et coût du travail : l'Allemagne se rapproche-t-elle de la France ?
7. Ce que les candidats français doivent vérifier avant de négocier leur salaire en Allemagne
8. Faut-il vraiment s'inquiéter d'un taux supérieur à 50 % ?
9. FAQ : salaire brut, salaire net et cotisations sociales en Allemagne

Un niveau qui pourrait atteindre 45 à 48 % dès 2028 selon Gesamtmetall
Le chiffre avancé par Gesamtmetall est impressionnant mais doit être correctement interprété. Selon l’entretien accordé au Handelsblatt, les cotisations sociales obligatoires représentent actuellement environ 42,3 % du salaire brut, ou 42,9 % pour certaines personnes sans enfant, lorsque l’on additionne les cotisations payées par l’employeur et celles prélevées sur le salaire du salarié. Le patronat de la métallurgie estime que cette proportion pourrait atteindre environ 45 % en 2028 dans certains cas et jusqu’à 48 % pour certaines situations, avant de dépasser 50 % autour de 2035 si aucune réforme structurelle n’est menée. Il faut immédiatement ajouter deux précautions. Premièrement, ces niveaux futurs ne sont pas votés : il s’agit de projections utilisées par une organisation patronale pour défendre des réformes du financement de la protection sociale. Deuxièmement, le calcul de départ repose notamment sur le taux additionnel moyen de l’assurance maladie publique. Le Bundesministerium für Gesundheit a fixé ce taux moyen de référence à 2,9 % pour 2026, mais les caisses déterminent leur propre Zusatzbeitrag. Au 1er avril 2026, le taux effectivement prélevé par les caisses atteignait en moyenne 3,13 %, ce qui illustre déjà les tensions financières pesant sur le système de santé allemand.

La différence entre Arbeitnehmeranteil et Arbeitgeberanteil est fondamentale
Le titre « plus de 50 % de cotisations sociales » peut facilement donner l’impression qu’un salarié touchant 5 000 euros brut par mois pourrait bientôt perdre plus de 2 500 euros uniquement en cotisations sociales. Ce n’est pas ce que signifie la projection de Gesamtmetall. En Allemagne, une grande partie des cotisations sociales est répartie entre Arbeitnehmer, le salarié, et Arbeitgeber, l’employeur. En utilisant les taux de référence 2026 publiés notamment par la Deutsche Rentenversicherung, les quatre principales assurances représentent ensemble environ 42,3 % du salaire soumis à cotisations : retraite, assurance maladie avec le taux additionnel moyen, chômage et dépendance. Pour un salarié standard, environ la moitié est supportée par l’employeur et l’autre moitié par le salarié, avec quelques exceptions, notamment la majoration de l’assurance dépendance pour les personnes sans enfant. Autrement dit, 42,3 % de cotisations sociales cumulées ne signifie pas 42,3 % retirés du brut du salarié. Cela correspond approximativement à 21,15 % à la charge du salarié et 21,15 % à la charge de l’employeur dans un cas simplifié, avant prise en compte des particularités individuelles et des plafonds. Pour une personne sans enfant soumise au supplément de 0,6 point de l’assurance dépendance, ce supplément est supporté par le salarié. Cette distinction est absolument centrale pour comprendre une fiche de paie allemande et éviter de confondre prélèvements salariaux et coût social total du travail.

Quatre grandes assurances sociales composent l'essentiel des prélèvements
Pour comprendre le chiffre de 42,3 %, il faut regarder la composition du système allemand. En 2026, la Deutsche Rentenversicherung indique un taux de 18,6 % pour l’assurance retraite, auquel s’ajoutent 2,6 % pour l’assurance chômage, 14,6 % pour le taux général de l’assurance maladie et 3,6 % pour l’assurance dépendance. Pour l’assurance maladie publique, il faut encore ajouter un Zusatzbeitrag, c’est-à-dire une contribution complémentaire propre à chaque caisse. Le Bundesministerium für Gesundheit avait fixé à 2,9 % le taux additionnel moyen de référence pour 2026, portant ainsi la composante maladie théorique à environ 17,5 %. C’est cette addition — 18,6 + 2,6 + 17,5 + 3,6 — qui conduit à environ 42,3 %. Pour les personnes sans enfant concernées par le supplément de dépendance, le taux de Pflegeversicherung atteint 4,2 %, comme le précise le Bundesgesundheitsministerium, portant le total à environ 42,9 %. Ces contributions financent donc des prestations bien réelles : retraites, soins médicaux, indemnisation du chômage et dépendance. Le débat ne porte pas sur leur disparition, mais sur la manière de financer durablement ces systèmes alors que la population allemande vieillit et que la relation entre cotisants et bénéficiaires se dégrade progressivement.
L'assurance maladie illustre particulièrement la pression actuelle
L’assurance maladie publique, ou gesetzliche Krankenversicherung, montre particulièrement bien la dynamique qui inquiète les entreprises et les salariés. Son taux général est de 14,6 %, partagé en principe entre employeur et salarié, auquel vient s’ajouter le Zusatzbeitrag également partagé. Le taux additionnel de référence fixé pour 2026 était de 2,9 %, soit une charge totale théorique d’environ 17,5 % pour l’assurance maladie seule. Mais le Bundesministerium für Gesundheit indiquait qu’au 1er avril 2026, le taux additionnel effectivement demandé par les caisses atteignait déjà 3,13 % en moyenne. Le ministère expliquait également en juin 2026 que les dépenses de prestations et de gestion avaient progressé de 7,7 % au premier trimestre, tandis qu’un besoin de financement supplémentaire de plusieurs milliards d’euros se dessinait pour l’année suivante. Ce contexte permet de comprendre l’alerte de Gesamtmetall : si les dépenses de santé, de retraite et de dépendance progressent plus rapidement que les salaires et la masse de cotisations, les pouvoirs publics doivent arbitrer entre plusieurs solutions, notamment augmenter les contributions, accroître les financements par l’impôt, réduire certaines dépenses ou améliorer l’efficacité des systèmes. La hausse des cotisations n'est donc pas une fatalité mathématique déjà décidée, mais elle constitue un risque budgétaire réel si les réformes et les autres sources de financement ne compensent pas l'augmentation des dépenses.

1 000 € de brut supplémentaire ne coûtent pas seulement 1 000 € à l'entreprise
Prenons un exemple volontairement simplifié afin de comprendre le mécanisme. Supposons qu’un salarié soit situé sous les plafonds de cotisations applicables et que son employeur lui accorde 1 000 euros de salaire brut supplémentaire sur une période donnée. Avec des cotisations patronales représentant approximativement 21,15 % dans notre exemple fondé sur le total de 42,3 %, cette augmentation peut représenter environ 1 211,50 euros de coût supplémentaire pour l’employeur, sans même intégrer certaines contributions annexes pouvant dépendre de l’entreprise. Du côté du salarié, environ 211,50 euros seraient consacrés aux principales cotisations sociales dans ce même calcul simplifié. Il lui resterait donc environ 788,50 euros avant impôt sur le revenu. Pour une personne sans enfant soumise au supplément de dépendance, le montant disponible avant impôt serait légèrement inférieur. Et ce n’est toujours pas le montant net final, puisque l’Einkommensteuer, éventuellement le Solidaritätszuschlag et, dans certaines situations, la Kirchensteuer doivent encore être pris en compte. Ce simple calcul explique pourquoi une négociation salariale peut être perçue très différemment par les deux parties : l’entreprise dépense sensiblement plus que l’augmentation brute affichée, tandis que le salarié reçoit sensiblement moins que ce même montant sur son compte bancaire. Le calcul exact dépend évidemment du revenu, de la caisse maladie, de la situation familiale, du Land, de la classe fiscale et des plafonds de cotisations. Il ne faut donc pas utiliser cet exemple comme simulation individuelle de salaire.
Une hausse de salaire de 3 % ne signifie pas une hausse de net de 3 %
Imaginons maintenant un cadre français travaillant en Allemagne avec un Bruttogehalt annuel de 60 000 euros et obtenant une hausse de 3 %. Son nouveau salaire brut passerait théoriquement à 61 800 euros, soit 1 800 euros de brut supplémentaires sur l’année. Il serait tentant de conclure que son pouvoir d’achat augmente lui aussi de 3 %, mais le mécanisme fiscal et social ne fonctionne pas ainsi. Une partie de l’augmentation est absorbée par les cotisations salariales et une autre par l’impôt sur le revenu, dont le taux marginal peut être supérieur au taux moyen déjà payé par le salarié. L’employeur, de son côté, ne supporte pas seulement 1 800 euros supplémentaires : il doit également payer sa part des cotisations. Voilà pourquoi les négociations salariales allemandes doivent toujours distinguer trois valeurs : Bruttogehalt, le salaire brut contractuel ; Nettogehalt, ce qui arrive effectivement sur le compte du salarié ; et Arbeitgeberkosten, le coût global du poste pour l’entreprise. Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’un Français compare une proposition allemande et son salaire français. Comparer uniquement « 60 000 euros brut en France » avec « 60 000 euros brut en Allemagne » peut être trompeur, car les mécanismes de prélèvements, les prestations financées, la fiscalité familiale et les coûts patronaux ne sont pas structurés exactement de la même manière dans les deux pays.

Le vieillissement démographique met sous pression retraite, santé et dépendance
Le problème de fond n’est pas propre à Gesamtmetall : l’Allemagne vieillit rapidement. Une proportion importante des baby-boomers quitte progressivement le marché du travail tandis que le nombre de personnes âgées augmente. Cette évolution exerce une pression simultanée sur plusieurs composantes du modèle social. Pour l’assurance retraite, moins de cotisants doivent financer davantage de pensions. Pour la santé, une population plus âgée consomme généralement davantage de soins. Pour l’assurance dépendance, l’augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’assistance représente également des dépenses supplémentaires. Dans ce contexte, maintenir les taux de cotisation exactement au même niveau suppose soit une croissance suffisante de l’emploi et des salaires, soit des gains d’efficacité importants, soit une hausse des financements provenant du budget de l’État. Le débat allemand devient donc particulièrement sensible pour les entreprises. Une augmentation du taux patronal renchérit immédiatement le coût du travail, même si le salaire brut du salarié reste inchangé. Une augmentation du taux salarial réduit de son côté le revenu net disponible pour un même brut. Gesamtmetall défend naturellement le point de vue des employeurs industriels et réclame des économies importantes, notamment dans le système de santé. Il faut donc lire ses projections comme un scénario utilisé dans un débat politique, pas comme une prévision officielle certaine. Elles mettent néanmoins en lumière un problème que les prochains gouvernements allemands devront résoudre : qui paiera le coût croissant du vieillissement, et sous quelle forme ?

Le cliché d'une Allemagne beaucoup moins taxée que la France doit être nuancé
Pour de nombreux Français, la représentation reste simple : la France serait le pays des charges sociales élevées tandis que l'Allemagne taxerait beaucoup moins le travail. Les données internationales obligent à nuancer fortement cette idée. Selon l’OCDE, le coin fiscal d’un salarié célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen atteignait 49,3 % du coût du travail en Allemagne en 2025, contre 47,2 % en France. Cet indicateur ne doit pas être confondu avec le taux de cotisations sociales de 42,3 % évoqué précédemment. Le tax wedge de l’OCDE additionne notamment l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales payées par le salarié et l’employeur, puis rapporte le résultat au coût total du travail. Il utilise donc une autre base et répond à une autre question. Mais son résultat est révélateur : pour certaines configurations familiales, l’Allemagne est déjà l’un des pays de l’OCDE où la différence entre le coût supporté par l’employeur et le revenu effectivement disponible pour le salarié est la plus importante. La France conserve de son côté une structure différente, avec notamment une forte place des contributions patronales. Dire simplement que « les charges sont plus faibles en Allemagne » n'est donc plus une description suffisante pour comparer les deux marchés du travail. Il faut regarder la situation familiale, le niveau de revenu et la composition exacte des prélèvements.
France et Allemagne sont confrontées au même problème de financement du vieillissement
La comparaison est surtout intéressante sur le plan structurel. La France et l’Allemagne doivent toutes deux financer des systèmes de retraite, de santé et de dépendance coûteux dans des sociétés vieillissantes, mais elles utilisent des combinaisons différentes d’impôts et de cotisations. En Allemagne, l’augmentation des Sozialversicherungsbeiträge devient un sujet de compétitivité particulièrement sensible pour l’industrie. Une entreprise allemande qui souhaite augmenter les salaires doit raisonner en coût employeur, tandis qu’un candidat international regarde surtout le net qu’il pourra conserver. Lorsque les contributions augmentent des deux côtés, la marge permettant de satisfaire simultanément ces deux objectifs se réduit. L’OCDE plaçait en 2025 l’Allemagne juste derrière la Belgique pour le coin fiscal d’un célibataire au salaire moyen. La France se situait également parmi les pays les plus élevés. Le débat allemand se rapproche donc de questions familières aux Français : jusqu'où peut-on augmenter les prélèvements sur le travail sans pénaliser le salaire net, l'emploi, l'investissement et l'attractivité internationale ? La réponse ne dépendra probablement pas d’une seule réforme, mais d’un ensemble d’arbitrages sur les retraites, la santé, l’immigration professionnelle, le temps de travail et l’efficacité des dépenses publiques.

Ne négociez jamais uniquement sur la base du Bruttogehalt
Pour un candidat français recruté en Allemagne, le principal conseil est simple : ne vous contentez jamais du chiffre annuel brut annoncé dans l’offre. Demandez-vous ce que ce montant représente réellement dans votre situation. Un salaire de 75 000 euros peut produire des résultats nets différents selon votre assurance maladie, votre situation familiale, votre appartenance ou non à une Église percevant la Kirchensteuer, et certaines caractéristiques fiscales. Les cotisations sociales allemandes sont en outre soumises à des Beitragsbemessungsgrenzen, c’est-à-dire des plafonds au-delà desquels certaines cotisations ne continuent plus à augmenter proportionnellement. En 2026, la Deutsche Rentenversicherung indique notamment un plafond mensuel de 8 450 euros pour l’assurance retraite, tandis que le Bundesministerium für Gesundheit fixe à 5 812,50 euros par mois le plafond de cotisation de l’assurance maladie en 2026. Cela signifie que le calcul d’un salaire élevé ne peut pas être obtenu simplement en appliquant 21 % de cotisations à l’intégralité du brut annuel. Plus le salaire est élevé, plus une simulation personnalisée devient nécessaire. Lors d’une négociation, regardez donc simultanément le brut, le net estimé, le bonus, la voiture de fonction, la retraite d’entreprise, le télétravail et les autres avantages.
Une entreprise raisonne en coût total quand le candidat raisonne en salaire net
Cette différence de perspective permet également de mieux comprendre certaines négociations difficiles. Imaginons un candidat demandant 5 000 euros brut supplémentaires par an. Du point de vue du salarié, il s’agit déjà d’un montant dont il ne conservera qu’une partie après prélèvements. Du point de vue de l’entreprise, la dépense est au contraire supérieure aux 5 000 euros annoncés puisqu’elle doit ajouter ses propres contributions sociales, tant que le revenu reste soumis aux cotisations concernées. Le même euro de salaire est donc perçu simultanément comme trop coûteux par l'employeur et insuffisamment rémunérateur par le salarié. Une hausse future des cotisations accentuerait ce décalage. C’est pourquoi les candidats français ont intérêt à élargir la négociation au-delà du salaire fixe : bonus lié aux performances, jours de congé, télétravail, formation, horaires, voiture, Jobrad, régime de retraite d’entreprise ou autres avantages peuvent parfois offrir une valeur importante sans suivre exactement la même logique qu’une hausse de brut. Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à négocier le salaire, mais plutôt comprendre l’économie globale du poste. Pour comparer deux offres allemandes ou une offre française et une offre allemande, il faut comparer la rémunération totale et le revenu disponible, pas uniquement le chiffre écrit en gros sur le contrat.

Le véritable sujet n'est pas le seuil symbolique de 50 %, mais la trajectoire
Un chiffre supérieur à 50 % attire immédiatement l’attention, mais il ne faut ni le minimiser ni le dramatiser. D’un côté, il serait faux d’annoncer que les salariés allemands perdront bientôt plus de la moitié de leur salaire brut en cotisations. Les projections de Gesamtmetall additionnent les contributions employeur et salarié et portent sur une évolution future qui dépendra des décisions politiques prises dans les prochaines années. Aucun taux global supérieur à 50 % pour 2035 n’est aujourd’hui définitivement adopté. D’un autre côté, le sujet ne peut pas être balayé comme une simple communication patronale. Les taux actuels, la progression des dépenses de santé et le vieillissement démographique montrent qu’un problème de financement existe réellement. Le seuil de 50 % est finalement moins important que la trajectoire conduisant de 42 % vers 45, 48 ou davantage. Chaque point supplémentaire peut augmenter le coût de l’emploi pour les entreprises ou réduire le salaire disponible pour les ménages, selon la manière dont il est réparti. Pour un pays qui souhaite simultanément attirer des ingénieurs, des médecins, des informaticiens et d’autres talents internationaux, l’enjeu d’attractivité est évident. Un salaire brut élevé n'est réellement attractif que si le candidat comprend ce qu'il conservera en net et si l'entreprise peut continuer à supporter le coût total correspondant. C’est cette équation, plus que le seuil psychologique de 50 %, qui déterminera une partie de la compétitivité du marché du travail allemand.

Les cotisations sociales sont-elles vraiment de 42,3 % en Allemagne ?
Le chiffre de 42,3 % correspond à l’addition des principaux taux de cotisations sociales à la charge du salarié et de l’employeur selon le calcul mis en avant par Gesamtmetall avec le taux additionnel moyen de référence de l’assurance maladie. En 2026, la Deutsche Rentenversicherung indique 18,6 % pour la retraite, 2,6 % pour le chômage, 14,6 % pour l’assurance maladie et 3,6 % pour la dépendance. Le Bundesministerium für Gesundheit fixe par ailleurs à 2,9 % le taux additionnel moyen de référence de l’assurance maladie pour 2026. En additionnant ces valeurs, on obtient environ 42,3 %. Pour certaines personnes sans enfant, le supplément de 0,6 point sur l’assurance dépendance porte le total à environ 42,9 %. Mais il faut retenir que cette somme inclut la part patronale et la part salariale. Elle ne correspond donc absolument pas au pourcentage retiré directement du salaire brut. De plus, les caisses maladie appliquent chacune leur propre Zusatzbeitrag et les cotisations sont soumises à différents plafonds. Le taux réellement applicable à une personne précise peut donc différer du calcul théorique.
Un salarié allemand paie-t-il lui-même 21 % de cotisations sociales ?
Pour un salarié standard situé sous les plafonds de cotisations, un ordre de grandeur proche de 21 % du salaire brut peut effectivement correspondre à la part salariale des principales assurances sociales, avant impôt sur le revenu. Dans un calcul simplifié fondé sur le total de 42,3 %, la répartition paritaire aboutit approximativement à 21,15 % pour l’employeur et autant pour le salarié. La réalité comporte toutefois plusieurs nuances. Le supplément de 0,6 point de Pflegeversicherung applicable à certaines personnes sans enfant est supporté par le salarié, comme l’explique le Bundesministerium für Gesundheit. La répartition de l’assurance dépendance comporte également une particularité en Saxe. Enfin, les contributions ne continuent pas à augmenter indéfiniment avec le salaire : elles sont calculées jusqu’à certaines limites appelées Beitragsbemessungsgrenzen. C’est pourquoi un cadre rémunéré 120 000 euros par an ne paiera pas simplement 21 % de cotisations sur la totalité de ses 120 000 euros. La meilleure façon de connaître son net reste donc une simulation prenant en compte le salaire, le Land, la situation familiale, la caisse maladie et les plafonds applicables.
Est-ce que 50 % du salaire brut pourrait être retiré aux salariés allemands en 2035 ?
Non, ce n’est pas ce que signifie l’alerte actuellement discutée. Dans l’entretien du Handelsblatt, Gesamtmetall estime que le total des contributions sociales supportées par les employeurs et les salariés pourrait dépasser 50 % du salaire brut autour de 2035 si aucune réforme n’est engagée. Il ne s’agit donc pas d’un projet consistant à retirer directement plus de la moitié du brut de la fiche de paie du salarié. Il ne s’agit pas non plus d’une mesure déjà adoptée. Cette projection dépend de l’évolution démographique, des dépenses sociales, des salaires et des futures réformes de la santé, de la retraite ou de la dépendance. Si les cotisations augmentent, leur répartition future entre entreprises, salariés et financements publics peut elle-même être modifiée par le législateur. Le chiffre de 50 % doit donc être compris comme un scénario d'alerte sur le coût global de la protection sociale, et non comme une prévision certaine du salaire net d’un employé allemand en 2035. C’est précisément cette distinction qui doit apparaître lorsque l’on parle de ce sujet afin d’éviter un titre spectaculaire mais économiquement trompeur.
Quelle est la différence entre Bruttogehalt, Nettogehalt et Arbeitgeberkosten en Allemagne ?
Le Bruttogehalt est le salaire brut inscrit dans le contrat de travail. C’est généralement le chiffre utilisé dans une négociation salariale en Allemagne : par exemple 60 000, 80 000 ou 100 000 euros brut par an. Le Nettogehalt est le montant réellement versé sur le compte bancaire après déduction des cotisations salariales, de l’impôt sur le revenu et, le cas échéant, d’autres prélèvements comme la Kirchensteuer. Enfin, les Arbeitgeberkosten correspondent au coût du salarié pour son employeur. Ce montant est supérieur au salaire brut puisque l’entreprise doit notamment ajouter ses contributions sociales patronales. Prenons un exemple volontairement simplifié : pour 1 000 euros de brut supplémentaire, un total patronal proche de 21 % peut porter le coût employeur à environ 1 210 euros, alors que le salarié conservera moins de 790 euros avant même l’impôt sur le revenu. Les montants exacts varient selon les plafonds et la situation individuelle. Cette différence explique pourquoi un salaire brut allemand ne permet jamais, à lui seul, de savoir combien coûte le poste à l'entreprise ni combien le salarié pourra réellement dépenser. Pour un Français qui compare deux pays, ces trois notions doivent systématiquement être séparées.
Les cotisations sociales sont-elles plus élevées en France ou en Allemagne ?
La réponse dépend fortement de ce que l’on mesure. Si l’on compare uniquement certaines cotisations patronales ou salariales, les systèmes français et allemand présentent des répartitions très différentes. Si l’on regarde plutôt le tax wedge de l’OCDE, qui additionne l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales du salarié et de l’employeur par rapport au coût total du travail, l’Allemagne affichait en 2025 un taux de 49,3 % pour un célibataire sans enfant au salaire moyen, contre 47,2 % en France. Cela ne signifie pas que tous les salariés allemands sont davantage imposés que tous les Français. La situation familiale et le revenu jouent un rôle considérable, et les systèmes sociaux offrent des prestations différentes. L’indicateur montre néanmoins que l'Allemagne n'est pas un pays à faible taxation du travail dans cette configuration. Pour un candidat français, le bon réflexe consiste donc à ne jamais comparer seulement les taux de charges affichés. Il faut comparer le salaire brut proposé, le net après impôts et cotisations, les prestations sociales, le coût de la vie et les avantages liés au poste.
Une hausse des cotisations sociales peut-elle réduire les augmentations de salaire en Allemagne ?
Oui, c’est l’un des principaux enjeux du débat actuel. Lorsqu’un taux de cotisation patronale augmente, le coût d’un salarié peut progresser même si son salaire brut ne change pas. Une entreprise qui dispose d’un budget limité pour ses rémunérations peut alors avoir moins de marge pour accorder des augmentations de salaire, recruter ou investir. Du côté du salarié, une hausse de sa propre part de cotisation signifie qu’à salaire brut identique, son salaire net peut diminuer. Si les deux parts augmentent simultanément, les intérêts de l’employeur et du salarié peuvent donc être affectés au même moment. C’est précisément pour cette raison que Gesamtmetall présente l’évolution des cotisations comme un enjeu de compétitivité. Il faut néanmoins rappeler que les cotisations financent aussi des prestations dont salariés et entreprises bénéficient indirectement : santé, retraite, chômage et dépendance. Le débat ne consiste donc pas simplement à déterminer s’il faut « moins de charges », mais comment financer les protections collectives sans augmenter excessivement le coût du travail et sans réduire trop fortement le revenu disponible des salariés.
En savoir plus
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Olivier

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